« Il va falloir s’y faire ! »

C’était au début du mois de janvier 2020. Une scène de vie on ne peut plus banale. J’accompagne mon petit frère se faire soigner les dents, quand le dentiste engage la conversation sur les températures incroyablement douces pour cette période de l’année. Il a raison : 18 degrés la journée, à peine en dessous de 10 degrés la nuit. Il pointe le néolibéralisme du doigt. Très bien, nous allons pouvoir nous entendre ! Mais au fil de la discussion une phrase, aussi anodine puisse-t-elle sembler, lui échappe : « Il va falloir s’y faire ! »
À son écoute je sens mon cœur qui s’emballe. L’émotion me submerger. Était-ce de la colère ? Était-ce de la peur ? Tout est allé trop vite pour que je m’en souvienne. Peut-être un peu des deux. Le fait est que sur le moment et avec le manque de recul, je n’ai rien trouvé de plus hasardeux que de lui répondre que ce n’était peut-être pas une bonne idée.

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Un autre monde est possible

Cela fait maintenant quelques mois que je suis de retour en France. J’avais lu moults articles relatant la difficulté de revenir après un long voyage. Je savais. Pourtant j’ai vécu de plein fouet ce que certains appellent “le blues du voyageur”. A la différence que je ne me sentais déjà pas chez moi dans l’hexagone avant mon départ, et qu’en plus de vivre un manque et un décalage par rapport à mes proches, j’ai la confirmation certaine que ma place est ailleurs.

Je le ressentais avant et en ai eu la confirmation lorsque, comme pour faire un état des lieux, j’ai commencé à photographier la nature et les paysages. Les pays néolibéraux dépensent toute leur énergie à faire la guerre au vivant. De ce fait, après des décennies d’objetisation de la vie, il est devenu extrêmement difficile en France de trouver un paysage non affecté par l’activité humaine. Que ce soient des lignes à haute tension, des routes, des maisons, des tranchées, des villes, ou encore des monocultures, seuls les lieux les plus arides résistent face à notre avancée mortifère. A titre d’illustration il est bon de savoir que 9m2 de nature disparaissent sous le béton chaque seconde. Soit l’équivalent de la surface de 1 à 3 départements par décennie. Bien entendu cela va en s’accélérant.

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